Mai 22 2008

Ecriture collaborative en 4ème : construire une intrigue policière à l’aide d’une carte heuristique

Cartes heuristiques au service de l’écriture collaborative.

mail  

Enseignant :

Laurent GAVEN

Professeur de Lettres

Collège Jules Grévy

Poligny (Jura), puis Académie de Bordeaux.

contacts   

Contexte, durée et classe :

Niveau : Classe de 4ème – classe entière, travail par groupes de 2 ou 3 élèves.

Le contexte :

L’activité présentée intervient à la fin d’une séquence sur le récit policier, à partir de la lecture d’une œuvre intégrale : Trois aventures de Sherlock Holmes (Scandale en Bohême, La Ligue des Rouquins], Le Ruban moucheté), d’A.C.Doyle. Cette séquence est organisée en 3 parties :

  • Lecture cursive des 3 nouvelles du recueil + lecture méthodique de la 1ère nouvelle : travail sur le schéma narratif du texte et sur la situation initiale + étude comparée des 3 nouvelles afin de faire apparaître la similitude de construction des textes.
  • Recherches documentaires en rapport avec les aventures de Sherlock Holmes et le genre policier.
  • Production écrite d’une nouvelle policière.

Nature de l’activité :

Écriture collaborative d’une nouvelle policière, s’inspirant des textes étudiés. Les élèves doivent raconter une nouvelle aventure de Sherlock Holmes.

target   

Objectifs :

  • Liaison lecture-écriture : écrire une aventure de Sherlock Holmes construite sur le schéma narratif mis en évidence lors de l’étude des textes.
  • Utilisation des informations collectées lors des séances de recherche documentaire, concernant les personnages de Conan Doyle et la vie à Londres à l’époque de Sherlock Holmes.
  • Réemploi du lexique policier, étudié en classe.
  • Réinvestissement des activités liées à l’écriture du portrait, réalisées lors de la séquence précédente.
  • Travail sur la logique du récit policier et sur la cohérence de la composition de l’intrigue, favorisé par l’échange et la confrontation des points de vue à l’intérieur de chaque groupe de travail.
  • Travail sur l’écoute et la communication dans le cadre d’un travail collectif.
  • Validation possible du B2i.
tools   

Conditions matérielles :

Outils :

  • Logiciel Freemind installé sur chaque poste de la salle informatique.
  • Logiciel de traitement de texte.
  • Vidéoprojecteur.

4 séances de 55 minutes :

  • 2 séances pour bâtir l’intrigue policière.
  • 2 séances pour la rédaction de la nouvelle.
rocket   

Mise en œuvre :

Activités préparatoires :

Pour les élèves, à faire chez soi : revoir les différentes notions abordées lors de l’étude comparée des 3 nouvelles. Pour l’enseignant : vérifier que Freemind est installé sur chaque poste de la salle informatique et mettre à disposition la carte mentale « Holmes » (voir pièce jointe) que les élèves auront à compléter.

Organisation des séances de travail :

Séances 1 et 2 = 2 heures :

  • Phase d’installation et d’explication (30 min.) : Chaque groupe de 2/3 élèves s’installe à un poste dans la salle informatique et récupère la carte mentale « Holmes ». – Explication du travail à réaliser (déjà annoncé lors de la séance précédente) : imaginer une aventure de Sherlock Holmes « à la manière de Conan Doyle ». Explication du fonctionnement du logiciel Freemind à l’aide d’un vidéoprojecteur : 20 min.
  • Phase d’activité, en autonomie : Les élèves travaillent sur le point 1 de la carte mentale : « Quelle histoire raconter ? », qui les renvoie à un guide destiné à les aider à construire leur intrigue policière. (voir pièce jointe). Ils travaillent ensuite sur le point 2 de la carte mentale : « Comment organiser le récit ? » et se répartissent les différentes parties du texte à rédiger. A l’issue de cette séance, les élèves remettent les cartes complétées au professeur, qui les corrige pour la séance suivante.

Séances 3 et 4 = 2 heures :

  • Phase d’activité, en autonomie : Les élèves récupèrent leur carte, qu’ils modifient si besoin. Chaque élève en imprime un exemplaire qu’il aura à disposition, en guise de « pense-bête », lorsqu’il écrira son texte. Puis chacun rédige son texte (sur feuille ou sur ordinateur, au choix). Les panneaux d’exposés réalisés précédemment (et dont les thèmes sont rappelés dans le point 3 de la carte mentale : « Pour rester dans l’univers de Sherlock Holmes ») sont mis à disposition dans la salle : chacun peut les consulter pour enrichir son histoire. Les textes sont ensuite assemblés, corrigés et recopiés au propre avant d’être remis au professeur pour évaluation.
check   

TICE :

L’utilisation du vidéoprojecteur

  • Utiliser le vidéoprojecteur est un moyen rapide et efficace d’expliquer les manipulations de base du logiciel Freemind : Chaque groupe voit sur son écran la même chose que ce qui est projeté au tableau : les élèves peuvent suivre et reproduire « en temps réel » les manipulations du professeur. Grâce à l’image projetée, les explications orales de l’enseignant sont plus faciles à suivre : l’association image-parole facilite l’apprentissage du fonctionnement du logiciel.
  • Remarques : Les explications fournies se limitent aux fonctions de base permettant de créer une carte mentale. Mais ce faisant, les élèves se sont aperçus que le logiciel propose d’autres options et outils (par exemple le clic-droit et ses sous-menus), qu’ils se chargent d’aller découvrir et employer par eux-mêmes, les plus doués expliquant les manipulations à leurs camarades (à la place de l’enseignant). Il reste donc une part d’apprentissage intuitif, pour des élèves qui, pour la plupart, sont familiers de l’environnement informatique.

Pourquoi utiliser Freemind durant cette activité ?

  • Pour appréhender plus facilement la logique de la fiction : Inventer une intrigue policière nécessite d’agencer les éléments de l’histoire de façon chronologique et logique (liens entre les personnages, entre les faits évoqués, causes-conséquences) : cet enchaînement logique pose souvent problème aux élèves. Freemind permet de visualiser, sous forme d’arborescence, la cohérence de l’intrigue au fur et à mesure que les élèves la construisent et ainsi de s’assurer que chaque élément constitutif est justifié dans l’histoire. (point 1 de la carte).
  • Pour appréhender plus facilement la logique du récit : Raconter une histoire policière à la manière de Conan Doyle suppose de suivre un schéma narratif imposé : là encore Freemind peut faciliter, grâce à la visualisation des informations, la cohérence du schéma narratif en permettant de déterminer dans quel ordre les informations doivent être révélées au lecteur. (point 2 de la carte).
  • Pour favoriser les échanges et la réflexion au sein du groupe : Les élèves ont face à eux, sur un écran, une carte à compléter, qui leur sert de guide commun, qui leur est également accessible et qu’ils peuvent modifier proprement et rapidement.

Pourquoi utiliser le traitement de texte durant cette activité ?

  • Les outils de manipulation et de correction du texte facilitent le travail de correction du document, en cours de réalisation (modification, recomposition, amélioration du texte), en préservant la clarté de la mise en forme du texte et sa lisibilité, pour chaque élève du groupe.
  • La relecture du texte par les élèves d’un même groupe semble de ce fait plus approfondie, chacun étant plus attentif à ce que propose l’autre. En outre, la graphie propre à chaque élève disparaissant à l’écran une fois les différentes parties du récit réunies, « l’appropriation » de l’ensemble du texte par chacun des membres du groupe paraît plus importante. (Cela est d’autant plus marqué lorsque les 2 ou 3 élèves du groupe ont rédigé leur texte à l’aide de l’ordinateur). L’aspect collaboratif de l’activité s’en trouve renforcé, il y a un vrai échange à propos du résultat affiché à l’écran.
  • Les outils de mise en forme du texte sur la page permettent de personnaliser encore davantage l’aspect du document terminé et de valoriser le travail réalisé en commun.
  • Le traitement de texte, avec ses correcteurs, orthographique et grammatical, procure peut-être aux élèves en délicatesse avec l’écrit une certaine impression de « sécurité » lors de la rédaction de leur récit : s’ils font une erreur, le logiciel la leur indique et leur propose une correction immédiate, qu’ils peuvent appliquer eux-mêmes. Mais, inconvénient de la démarche, ces élèves s’évitent ainsi tout ou partie du travail d’analyse de l’erreur repérée et délèguent au logiciel le soin de la correction. En outre, la qualité toute relative des outils de correction proposés (en particulier en ce qui concerne l’analyse grammaticale) ne fait pas du logiciel un assistant fiable pour les élèves, qui n’analysent que très peu la pertinence de la ou des solution(s) proposée(s), et qui peuvent sélectionner l’une des corrections, suggérée et cependant erronée.
  • Enfin, l’outil informatique a peut-être un effet stimulant chez certains élèves qui jugent plus attrayant de pianoter et de cliquer face à un écran que de tenir un stylo. Cela peut, dans une certaine mesure, favoriser l’acte d’écrire.
calculator Bilan : Évaluation du dispositif

  • Les élèves ont apprécié l’utilisation de l’ordinateur pour construire ensemble, « à égalité », leur histoire : à la différence de la prise de notes « classique » sur son cahier de brouillon par l’un des élèves du groupe, qui individualise cette activité puisque les autres ne sont pas les auteurs de ces notes écrites, chaque élève se sent plus impliqué par l’activité qui se réalise petit à petit sur l’écran.
  • Ils ont également apprécié les aspects ludique et pratique de la carte mentale :

a. Aspect ludique du fait de la création d’arborescences et de leur mise en forme visuelle.

b. Aspect pratique lié à la clarté de la présentation, à la facilité et à la rapidité pour corriger les idées.

  • L’emploi de Freemind, par la présentation schématique et non pas uniquement textuelle de la carte mentale, a stimulé plusieurs élèves souvent en difficulté lors du passage à l’écrit. (Ces mêmes élèves ont d’ailleurs utilisé le traitement de texte lors de la rédaction du récit).
  • La présentation identique de la carte mentale proposée à chaque groupe et son affichage à l’écran durant sa création permet une plus grande réactivité pour l’enseignant qui, passant de groupe en groupe, peut observer facilement le travail en cours (de façon plus accessible que si les notes étaient prises par un élève du groupe sur son cahier de brouillon) et orienter la réflexion des élèves.
  • De fait, les 2 principaux objectifs qui ont motivé l’emploi de Freemind durant ces séances, cohérences fictionnelle et narrative, ont été atteints, avec plus ou moins de facilité, par les différents groupes.
  • La prise en main du logiciel Freemind allonge la durée de l’activité (30 min) mais elle se révèle relativement aisée et intuitive pour les élèves qui, après avoir suivi la présentation au vidéoprojecteur des principales manipulations pour utiliser la carte mentale, se sont souvent débrouillés seuls pour trouver d’autres fonctions de mise en forme.

Fichier joint : le descriptif de cette fiche pédagogique au format *.doc

Projet d’écriture : carte cliquable

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

*