Juin 29 2017

Enregistrer l’oral en cours de français – Initiation au « zoom »

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Enseignant :
François Jacquemin
Professeur de Lettres Modernes
Collège Louis Pasteur
70500 Jussey
contacts   

Contexte, durée et classe :

N’importe quelle classe, pour une activité orale. Elle peut se réaliser en classe entière, mobilisant l’ensemble des élèves ou une partie seulement, tout comme dans le cadre de l’AP, en groupes, par exemple.

Durée : environ 3h ; une pour préparer/ s’entraîner sur le(s) texte(s), une pour enregistrer avec le zoom ; une pour écouter/visionner la production et en tirer les enseignements.

Le zoom est un appareil permettant d’enregistrer le son, de manière large et très audible. Il capte les sons dans un angle étendu.

Les + : il enregistre même les voix timides ; très facile de fonctionnement : il suffit d’enregistrer ; certains zooms sont munis d’une caméra, on peut alors naviguer entre les modes vidéo et audio.

Les   : les bruits parasites (chuchotements, bruits de feuilles, heurts de pieds de table, etc.) sont audibles.

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Objectifs :

De l’article : 

  • Présenter une approche facile et simple vers une première ouverture aux TICE

Des activités :

  • Donner de l’intérêt à l’oral aux yeux des élèves
  • Dynamiser la participation orale
  • Diversifier les pratiques de l’oral
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Conditions matérielles :

Un zoom (enregistreur vocal)

Se procurer un zoom :

  •  l’acheter (ou le faire acheter par l’établissement, car c’est quand même une somme importante, dans les 200 €)
  •  l’emprunter dans un centre Canope :

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Mise en œuvre :

De nombreuses activités peuvent être mises en place au sein de la classe afin d’exploiter la parole, l’audio et le visuel de façon pédagogique.

 

L’interview

Mes élèves de 4e, dans le cadre d’une séquence mêlant dénonciation de l’esclavage, réalisme et journalisme, ont découvert Toussaint Louverture. En parallèle du cours, ils ont effectué des recherches et coécrit, à deux, une interview d’un descendant fictif de Toussaint pour présenter celui-ci. Un premier temps a donc permis de découvrir les codes de l’interview rédigée, puis un second temps d’enregistrer une version audio. Les élèves ont réfléchi aux différences entre les deux supports (oral/écrit) et aux adaptations nécessaires au second : nom d’émission, jingle vocaux, manière de parler, etc. Les duos se sont isolés dans une salle voisine de ma salle de français pour l’enregistrement, à tour de rôle, tandis que le reste de la classe travaillait sur une rédaction prévue sur 2h afin de permettre cette alternance.

 

Le théâtre

En 4e, toujours, nous avons étudié Cyrano de Bergerac et nous sommes attardés, évidemment, sur la tirade des Nez. Après en avoir éclairci vocabulaire et sens, nous avons réparti les tonalités, nous sommes entraînes à la lecture pour, finalement, enregistrer la tirade en continu via le zoom. Les élèves se sont placés en cercle, dans l’ordre de leur lecture, zoom posé au milieu (toutes les voix sont captées). Nous avons écouté l’enregistrement réalisé l’an dernier, afin de comparer (et améliorer, le challenge motive les élèves, évidemment).
L’expérience peut être renouvelée avec des scènes choisies d’une pièce de théâtre étudiée : soit une seule et même scène, en comparaison ; soit la mise en voix d’un acte entier, par exemple.

 

Le débat

En 6e, après une étude d’extraits du Roman de Renart dans le cadre d’une séquence sur la Ruse, j’ai proposé une vingtaine de cartes portant chacune un personnage du roman, son rôle (accusateur de Renart, soutien ou juge) et quelques informations.

  • Les élèves ont préparé pendant 1h, rassemblés selon les 3 groupes et des consignes précises, le procès de Renart.
  • L’heure suivante a permis de mettre en scène le procès et filmer le débat. Les élèves ont tenu à le rejouer une seconde fois, pour « faire mieux ».
  • Nous avons consacré une troisième heure à observer l’enregistrement pour en tirer des conseils pour de futurs oraux ou débats.

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Résultats :

 Chaque activité a été menée à bien sans prétention. La perfection n’était évidemment pas visée en si peu de temps, l’essentiel étant de mettre en voix les textes ou les échanges et d’amener tous les élèves à participer et manier l’oral.

A la fin de chaque activité, les élèves ont demandé à recommencer ou poursuivre : ils envisagent l’aspect ludique sans se rendre compte qu’ils travaillent. Les contraintes de l’enregistrement les poussent aussi à se montrer calmes et plus respectueux de la parole d’autrui.

 

calculator Bilan : Toutes ces activités ont demandé peu de temps en réalisation et mobilisent peu de difficultés : le zoom doit simplement être mis en marche (suffisamment chargé !) et il faut pouvoir récupérer le résultat (via un câble connecté à un ordinateur ou la carte SD de l’appareil, comme pour un appareil photo numérique ou un téléphone portable).
Les élèves s’impliquent davantage dans le petit projet, sachant qu’ils seront amenés ensuite à s’écouter/se voir eux-mêmes et à être écoutés/vus par d’autres, que ce soit dans la classe, ou même dans les années futures par les classes qui leur succéderont. Le challenge permet l’enthousiasme et la bonne volonté : ils se prennent au jeu et découvrent un plaisir à utiliser la parole (les débats du procès de Renart ont été plus efficaces et plus houleux dans le 2e enregistrement) et même un plaisir du texte (les 4e tenaient à faire mieux que leurs prédécesseurs sur la tirade des Nez, qui a fini par leur rester en mémoire, et jouaient donc les tonalités).

 

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