Juil 06 2015

Comment choisir une lecture cursive et comment la restituer ?

Enseignant   Juliette Sorlin,
Professeur de Lettres Modernes
Collège Denis Diderot, Besançon (25).
contacts  Contexte et classe  – La lecture cursive est une activité qui me paraît difficile à mettre en place. Les fiches de lecture traditionnelles étant si peu enthousiasmantes pour les élèves et le professeur, il reste à inventer d’autres manières de demander aux élèves une restitution de leur lecture.
Dans le cadre d’une séquence sur l’autobiographie avec la lecture d’Un secret de Ph. Grimbert en œuvre intégrale, j’ai demandé à chaque élève de lire une œuvre cursive parmi les propositions du CDI.
Comment choisir une lecture cursive parmi la diversité offerte par le CDI ?
Comment proposer une restitution de sa lecture ?

– Une classe de troisième, 24 élèves.

– Deux séances ou plus.

target Objectifs  – Demander aux élèves une restitution orale de leur lecture cursive.
 toolsConditions matérielles  Il faut disposer d’une salle informatique équipée de casques audio et d’un matériel permettant d’enregistrer la voix.
La mise en œuvre technique a été chaotique, car je ne disposais pas de 24 MP3 enregistreurs. J’ai donc demandé aux élèves disposant d’un ordinateur et d’une connexion internet à la maison de télécharger le logiciel, libre de droits et validé par l’Éducation Nationale, Audacity qui permet d’enregistrer la voix. Par ailleurs, les élèves ont souvent des téléphones portables qui permettent d’enregistrer la voix ; la qualité n’est pas exceptionnelle, mais suffisante pour une première expérimentation. Attention toutefois au format d’enregistrement ! Pour les élèves ne disposant pas de matériels informatiques à la maison, j’ai mis à leur disposition, pendant une heure de cours, de quoi s’enregistrer.
rocket Mise en oeuvre  Ce travail de lecture cursive s’est effectué en deux temps.

1) Comment choisir une œuvre pour la lecture cursive ?

C’est toujours un moment difficile pour les élèves. Vont-ils aimer ou non le livre qu’ils ont choisi ? Comment ne pas préférer d’emblée le livre de 50 pages à celui de 300 pages ? Comment amener un élève « petit-lecteur » à se repérer parmi une foule de propositions ?
J’ai donc choisi d’enregistrer tous les débuts de romans autobiographiques disponibles au CDI, avec l’aide de la documentaliste. Nous avons placé tous ces fichiers audio dans l’espace libre de l’ENT du collège.
Pendant une heure de cours, à l’aide d’un questionnaire – en pièce jointe – les élèves, en salle informatique, de manière individuelle, ont écouté tous les incipits. La salle informatique disposant de casques d’écoute, les élèves ont pu écouter, à leur rythme, chaque extrait. Pour pallier le manque de poste informatique, certains élèves avaient apporté leur lecteur MP3.
Ils ont ainsi pu profiter d’une écoute individuelle qui leur a dévoilé le début d’une intrigue : lieu, époque, personnages, thèmes abordés…
Ils ont ensuite emprunté le livre choisi au CDI, s’étonnant de la première de couverture qu’ils n’avaient pas imaginée ainsi…

2) Comment rendre compte de sa lecture cursive ?

J’ai demandé à chaque élève de rendre un travail oral à la suite de la lecture. Plusieurs propositions ont été données :
– une lecture expressive d’un extrait particulièrement émouvant.
– une interview fictive de l’auteur à propos de son œuvre.
– une chronique littéraire dans le cadre d’une émission de radio.
Les élèves ont eu le temps des vacances pour effectuer ce travail. À la rentrée, nous avons écouté les productions des élèves volontaires. Cela a été l’occasion de discuter de la lecture de l’extrait, de ce qui convenait et de ce qui ne convenait pas.

 calculator Bilans  L’écoute des incipits de romans a particulièrement plu aux élèves, car ils ont pu découvrir l’ambiance d’une intrigue. Ils ont aussi su gré au professeur de se lancer le premier dans l’aventure de l’enregistrement de sa voix, qui effraie certains élèves.
La restitution orale a permis aux élèves de s’écouter, ce qu’ils ont très peu l’habitude de faire. Ils ont avoué s’être entraînés jusqu’à une dizaine de fois chez eux, avant de rendre le fichier son. Ils ont eu le souci de rendre une production dont ils étaient fiers, comme si une plus grande part d’eux-mêmes avait été investie.
La production orale a été un moyen de proposer un réel travail de l’oral avec un entraînement.

Cette expérience a été très intéressante pour les élèves comme pour le professeur. Les élèves ont pu prendre conscience de leur voix, de leur lecture. Ils ont ainsi constaté que ce qui est entendu est parfois très éloigné de la manière dont on a voulu le dire… C’est un travail qui amène l’élève à réfléchir sur l’importance de la maîtrise de sa voix, de sa lecture.

Exemples de travaux

(3 commentaires)

    • Chevance on 26 septembre 2015 at 11 h 16 min
    • Répondre

    Bonjour,

    Votre travail me semble très intéressant. J’ai l’intention de l’utiliser et de faire faire à peu près la même chose à une classe de 3ème. je n’ai pas pu accéder au questionnaire que vous donniez aux élèves au moment de choisir l’oeuvre. Pourriez-vous me l’envoyer par mail ?

    Merci d’avance.

    Caroline Chevance

    • RIDEAU on 19 juin 2016 at 8 h 09 min
    • Répondre

    Bonjour votre idée est très intéressante, mais je n’arrive pas non plus à trouver le questionnaire. Si vous pouviez me l’envoyer par mail, merci d’avance.

    • rohaut on 11 septembre 2016 at 16 h 20 min
    • Répondre

    Bonjour
    Je suis très intéressée par cette activité ! Serait-il possible d’avoir la liste d’oeuvres proposées ainsi que le questionnaire donné aux élèves?
    Merci d’avance
    Céline R., professeur de français dans l’Académie d’Amiens

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