Juil 06 2017

Développer ses compétences de compréhension d’une intrigue

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Enseignant :
 Juliette Sorlin

Collège Diderot
25000 Besançon

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Contexte, durée et classe :

Contexte : Une classe de sixième, dans le cadre d’un échange avec une structure culturelle.

Classe, effectif :
 Une classe de sixième, 22 élèves.

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Objectifs :

 Développer ses compétences de compréhension fine d’une intrigue à partir du film d’animation : Phantom Boy, A. Gagnol et JL Felicioli.
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Conditions matérielles :

Tablettes numériques. Application de montage vidéo, type Imovie.
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Mise en œuvre :

Dans le cadre d’un échange avec une structure culturelle, les élèves ont vu le film de A. Gagnol et JL Felicioli., Phantom Boy (2015).

Cette séquence de travail a déjà été menée une première fois avec le film Oliver Twist de David Lean, en 2015. Un compte-rendu d’expérience est également disponible.

Le professeur a choisi de travailler sur ce film pour développer les compétences de compréhension fine d’une intrigue. La séquence s’est déroulée sur plusieurs séances.

Une séance a consisté à remettre dans l’ordre des images du film – cf document 1 en annexe. Par groupe de trois élèves, les élèves partagent leurs souvenirs de l’histoire et décrire les images pour retrouver l’ordre chronologique des éléments de l’histoire.

Une fois ce travail accompli à l’aide d’un jeu de cartes plastifiées, les élèves s’entraînent à l’oral à raconter les principaux éléments de l’intrigue. Ils rencontrent rapidement la nécessité de prendre quelques notes qu’ils arrangent pour aboutir à un résumé dont chacun prend la charge pour un compte-rendu oral dont est évalué la clarté d’expression et d’organisation des principaux éléments de l’intrigue.

La suite du travail a été nourrie de la lecture de l’ouvrage de Sylvie Cèbe, Lector Lectrix, qui explique que pour développer les compétences de lecture des élèves, il s’agit de les conduire à s’interroger sur les pensées des personnages. La version de David Lean se prête particulièrement bien à ce travail, puisque de très nombreuses séquences sont sans paroles et demandent donc aux élèves de s’interroger sur les pensées des personnages.

La deuxième séance a ainsi été consacrée à la réalisation d’une bande-son., à partir de deux extraits.

Le premier extrait correspond au moment où l’âme de Léo épuisée d’être loin de son corps doit quitter sa famille et rentrer à l’hôpital, c’est un des vols nocturnes au-dessus de la ville de Manhattan. Un travail dans une séance précédente a été consacrée à la ville de New York et à ses représentations dans le film d’animation. Grâce à l’application Imovie sur laquelle avait été placé auparavant l’extrait de Phantom Boy de deux minutes, les élèves, par groupe, réfléchissent aux pensées de Léo puis les enregistrent à l’oral.

Le passage par l’oral permet à tous les élèves de s’engager dans l’activité de réflexion des pensées du personnage, sans être bloqués par le passage à l’écrit. De plus, le travail de groupe permet aux élèves d’échanger de manière active, de confronter leurs idées et d’avancer ainsi dans la compréhension.

Le deuxième extrait soumis aux élèves est le moment où Alex, le policier, rencontre l’homme au visage cassé. C’est un passage qui nécessite une attention particulière aux images puisque l’on voit l’ombre du container qui va écraser Alex avant même que le personnage ne s’en rende compte. Un travail sur la voix des personnages est possible pour les élèves qui prennent beaucoup de plaisir à imiter le policier ou l’homme au visage cassé. Le deuxième extrait est proposé dans un deuxième temps car il faut assurer le doublage des pensées de deux personnages. Plusieurs groupes d’élèves ont voulu mêler pensées des personnages un dialogue entre les deux personnages. L’ensemble de la classe a débattu de la pertinence des propositions, en faisant bien la distinction entre les pensées intérieures et le dialogue qui parfois se confondent.

La troisième séance a eu le même objectif à partir d’un troisième extrait du film : une nouvelle ballade diurne de Léo au-dessus de New-York. Recommencer l’exercice a permis de prendre le temps d’installer l’idée que pour comprendre une histoire, il faut s’interroger sur les pensées des personnages. Les élèves sont entrés plus rapidement dans l’activité. Alors qu’ils ont eu tendance à proposer des descriptions d’actions lors de la première séance de travail (je voyage au dessus de la ville, je vois beaucoup de monde …), ils ont pu s’interroger sur les motivations et les sentiments du personnage principal.

Un dernier extrait est proposé : le dénouement. Cette fois, la consigne est d’imaginer un bila de l’histoire raconté par un narrateur omniscient, en voix-off. Il s’agit ici de varier l’instance narrative proposée aux élèves

calculator Bilan : Travailler la compréhension d’une intrigue à partir d’un film et en privilégiant l’analyse orale a permis à tous les élèves d’entrer dans l’activité et de prendre conscience de l’importance de l’attention portée aux pensées des personnages.

Si le travail sera poursuivi à l’écrit et à partir de textes littéraires, il n’en demeure pas moins que ce temps de travail par l’image et à l’oral a fait émerger la conscience de cette attention particulière du lecteur de textes, d’images, de films, aux pensées des personnages. Pour comprendre une intrigue, des mécanismes intellectuels sont en place, et en montrer les rouages aux élèves a permis d’affirmer chez eux l’idée que comprendre n’est pas un phénomène magique mais subordonné, pour une part, à des techniques et des automatismes.

 

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